Les arbustes ornementaux qui forment des touffes épaisses et produisent de nombreux rejets au niveau du collet entrent maintenant dans la saison la plus propice pour être multipliés et transplantés. Le printemps s’ouvre, et avec lui la promesse de massifs renforcés, de haies rajeunies, de coins de jardin soudain plus vivants.
Diviser et séparer
Multiplier les végétaux ligneux qui s’étalent au sol, tout en donnant régulièrement de jeunes rameaux feuillus, n’a rien d’un tour de magie. Parmi les espèces les plus courantes, on trouve aussi quelques raretés : Kyhanka (Andromeda), millepertuis (Hypericum), gaulthérie (Gaultheria), kalmia (Kalmia), pachysandra (Pachysandra), ou encore la spirée de Sibérie (Sorbaria).
Lire également : Comment réussir la plantation de votre rodondindron au jardin ?
Poursuivre les divisions jusqu’au printemps met les jeunes plants à rude épreuve : ils doivent endurer à la fois la séparation et l’adaptation à un nouveau terrain. Pas de pause pour eux, ils encaissent doublement.
Voici comment procéder efficacement avec ces végétaux :
A lire en complément : Le voyage d'une fleur, de la graine à la rose
- La technique rappelle celle utilisée pour multiplier les framboisiers ou les mûriers grâce à leurs rejets. En séparant, à l’aide d’une bêche bien affûtée, les jeunes plants durant cette période, on les prépare à être replantés au printemps, lorsque la végétation redémarre. Les blessures cicatrisent et les racines se reforment tant que la température du sol dépasse 5 °C ; c’est généralement à la levée des bourgeons que le plant devient autonome.
Lorsqu’on divise les touffes dès maintenant, les jeunes sujets prennent leur indépendance jusqu’au retour des beaux jours, sans être soumis au stress lié à l’entassement. Les coupes cicatrisent, les racines s’étendent sans entrave. Résultat, au printemps, on obtient des plants robustes, prêts à s’intégrer ailleurs au jardin.

Le millepertuis perforé (Hypericum perforatum) continue, lui aussi, à s’étendre et se renouveler, comme en témoigne cette photographie issue de Pixabay.
La technique des boutures
Dès que le sol n’est plus pris par le gel, prélever des boutures de racines sur les arbustes d’ornement devient possible, même en plein hiver. Ces boutures peuvent être plantées directement dans la terre froide après un passage dans un produit stimulant, ou conservées dans du sable humide, voire de la tourbe, à l’abri dans une cave fraîche.
Cette approche se prête à une large palette d’arbres et de lianes. On l’applique, par exemple, aux genres suivants : akebia (Akebia), aralia (Aralia), asiminier (Asimina), bignone (Campsis), celastrus (Celastrus), cotinus (Cotinus), decaisnea (Decaisnea), pachysandra (Pachysandra), paulownia (Paulownia), sumac (Rhus), ronce (Rubus) et d’autres encore.
Dans la pratique, pour bon nombre de ces espèces, cette méthode se réserve surtout à la multiplication des variétés botaniques, car le rendement reste limité et les variétés à fort intérêt commercial sont souvent multipliées autrement.
Multiplier ses arbustes au printemps, c’est miser sur la vigueur et la diversité de son jardin pour la saison à venir. Ce geste patient, presque artisanal, façonne le paysage de demain. À chaque division, à chaque bouture prise, une nouvelle perspective s’invente, à portée de main, sur un carré de terre à conquérir.

